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Les jeunes et l’engagement : une génération volontaire !

Dans le cadre de l’année européenne du bénévolat et du volontariat, actenses a sondé durant l’année 2011, parrains et filleuls sur leur représentation de l’engagement.

Les questionnaires ont été distribués dans le cadre du programme de parrainage d’aide à l’orientation au travers d’un atelier de sensibilisation à l’engagement qu’actenses a co-animé avec les associations France Bénévolat et Unis-Cité. Ce dernier a permis d’illustrer l’intérêt et de valoriser les différents modes d’engagement des jeunes dans le cadre de leurs études, projet professionnels ou encore en termes d’insertion. Une opportunité assez mal connue des jeunes.

Ses interventions ont été réalisées dans 9 lycées: Senghor (Magnanville, 78), Louise Michel (Bobigny, 93), Delacroix(Drancy, 93), Olympe de Gouges (Noisy-le-Sec, 93), Gustave Eiffel (Cachan, 94), Gabriel Fauré (Paris 13ème), Champlain (Chennevières-sur-Marne, 94), Berthelot (Pantin, 93), Jean Renoir (Bondy, 93), d’autres interventions sont prévues durant l’année scolaire 2011-2012.

Cela a été l’occasion d’un premier aperçu parfois surprenant mais la plupart du temps en accord avec la majeure partie des
experts ayant orienté leurs travaux sur les nouvelles formes d’engagement. Assurément les représentations de l’engagement des publics ayant bénéficié de ces interventions, contrastent avec les rumeurs d’une jeunesse moins engagée que les précédentes générations. Les questionnaires ont été recueillis auprès d’un panel de 138 personnes, quasiment paritaire (48% de femmes contre 52% d’hommes). Ci-dessous la synthèse de ces questionnaires, livrée à vos citriques.

Le panel de personnes interrogées
Les lycéens (87%) se sont prêtés beaucoup plus facilement au jeu que leur aînés (3% de jeunes actifs, 9% de trentenaires, 1% de quinquas). Ce qui semble montrer la relation décomplexée et transparente des jeunes relative à l’engagement, à l’instar de leur ainés. On remarquera l’absence totale de réponse des quadras, et le panel très restreint des quinquas.

Une génération disposée à s’engager par solidarité
A l’issue des ateliers de sensibilisation à l’engagement, 69% des sondés sont favorables à un   engagement personnel bénévole à court ou moyen terme (51 % des sondés ont répondu être prêts à s’engager dans une action de bénévolat et 18% « peut-être »). Avec pour principales motivations la solidarité et le « désir d’être utile ». 7% ne se prononcent pas. Les 24% des personnes qui ne sont pas disposés à s’engager, motivent leur refus en invoquant :
- le « manque de temps »
- le fait qu’ils sont déjà engagés
- La volonté de d’éviter une césure durant leurs études
- Le manque de motivation et le fait que ces actions ne sont pas rémunérées
- Leur timidité à intégrer une structure d’engagement, la peur de l’autre et la représentation ambigüe des milieux liés à l’engagement.

En somme, il apparaît que les jeunes sont très favorables aux formes d’engagement solidaires mais elles ne doivent pas être chronophages, tout en étant très valorisantes et mesurables très vite (désir d’être utile et de mesurer rapidement l’impact de leur engagement). En somme, contrairement aux idées reçues, les jeunes manifestent de réelles envies d’engagement. Pour autant, ils laissent entendre que les formes actuelles d’engagement qui leurs sont proposées ne répondent pas à leur attentes. C’est donc aux acteurs qu’il appartient de reformer et d’adapter leur proposition et formes d’engagement pour répondre aux envies d’agir de la jeunesse et à leurs besoins de bénévolat, volontariat, et autres formes d’engagement.

Une connaissance des modes d’engagement de portées nationale et internationale
Réponses par ordre de récurrence à la question : « pouvez-vous citer des dispositifs de bénévolat et/ou de volontariat ?

1. le service civique
2. Unis-Cité
3. La Croix Rouge
4. Pompier volontaire
5. Les Restos du cœur
6. Ex-æquo : le volontariat international, le service volontaire européen (SVE)
7. Le volontariat international
8. Ex-æquo : SOS racisme, Association « aujourd’hui vers demain », France
Bénévolat, SPA, Unicef et Médecins sans frontière

Les sondés se montrent sensibles aux campagnes de sensibilisation organisées (service civique) par les associations, fondations et ONG de portée nationale ou internationale (Croix Rouge, Resto du cœur, SVE). Les actions de bénévolat de proximité, connues de la plupart des jeunes  (81% des personnes interrogées) ont déjà rencontré des bénévoles ou volontaires dans leur vie, majoritairement dans le secteur sportif, périscolaire ou scolaire), mais  ne sont pas spontanément citées. La représentation de l’action sociale volontaire semble être plus facilement admise et reconnue efficiente, dès lors qu’elle est exercée loin de leurs lieux de résidence.

Représentation des modes et secteurs d’engagement

34 % des personnes interrogées ont déjà été engagées dans différents dispositifs contre 68% qui n’en ont jamais connu l’expérience, principalement dans le secteur sportif, le soutien scolaire, les actions municipales, l’aide aux personnes âgées et les associations de proximité.

Le principal mode d’engagement éprouvé reste encore le bénévolat. Les autres dispositifs comme le volontariat et le mécénat de compétences leurs sont, comme leur ainés, mal connus. Pour autant, suite à l’intervention d’Unis Cité, un grand nombre des personnes interrogées plébiscite le volontariat devant le bénévolat. Ils se justifient en invoquant une forme d’engagement plus adaptée à leurs besoins et à leur mode de vie. En effet, le volontariat bénéficie d’un image plus positive contrairement au bénévolat qui semble bénéficier d’une image « ringardisée » auprès des jeunes.

Les formes et secteurs d’engagement plébiscités par les jeunes
Par ordre croissant, les jeunes font part de leur envie d’agir par ordre de
préférence dans :

1. Une structure répondant à un besoin international
2. La réalisation de leur propre projet répondant à un besoin local non pourvu et détecté par eux même.
3. Structure répondant à un besoin local
4. Structure répondant à un besoin national

Leur connaissance plus accrue des associations de portée internationale suscite en premier lieu les vocations d’engagement. Toutefois, les actions de portée nationale se retrouvent en queue de peloton, après l’engagement dans leur propre projet et les actions de proximité. Sans doute faut-il y voir une envie de s’engager localement, et de participer à la vie citoyenne de la cité directement, avec des activités et formes d’engagement nouvelles et plus adaptées à leur besoins au travers de leur propre projet. Les structures locales ou répondant à un besoin local prennent beaucoup plus facilement que leurs homologues nationaux, les capacités d’engagement individuels de leur bénévoles et adhérents. A l’inverse,  les structures nationales ont formaté ces
dernières décennies leurs missions bénévoles, et laissent peu de place aux initiatives spontanées.

 

Secteurspour lesquels les personnes interrogées souhaiteraient ou non s’investir éventuellement:

Secteurs d’activité % de Oui % de Non
Solidarité
locale
40 60
Sport 35.5 64.5
Culture
– Loisirs
30.4 39.6
Solidarité
internationale
27,5 72,5
Défense
des droits
21.4 78.6
Environnement 21 79
Lutte
contre les exclusions
17.4 82.6
Citoyenneté 15.5 84.4
Patrimoine 80 94.2

 

Les apports de l’engagement

Les avantages
personnels liés à l’engagement
% de Oui % de Non
Acquisition
de compétences 
64.5 35.5
Qualité
de vie et satisfaction personnelle
61.6 38.4
Ouverture
du réseau personnel
48.5 51.5
Aide
dans la recherche d’emploi
50.7 49.3

 

 

Les motivations à s’engager
Force est d’admettre que le sentiment de précarité des jeunes est bel est bien présent. Tout de suite après la solidarité, la première motivation à l’engagement est l’indemnité proposée par le service civique et l’ouverture de nouveaux réseaux. Pour autant, l’altruisme reste de mise au travers du sentiment d’utilité, d’ouverture culturelle et sociale. Les grands thèmes classiques de solidarité sont eux relégués en queue de peloton.

Selon les personnes interrogées, voici leur motivation pour s’engager, par ordre de récurrence :

  1. Solidarité
  2. Indemnités (service civique)
  3. Etre utile
  4. Rencontrer des nouvelles personnes
  5. Richessepersonnelle
  6. Découvrir de nouvelles choses
  7. Apprendre sur la vie
  8. Ex-æquo :envie de changer les choses, reconnaissance, les voyages, échanges avec les autres, faire part de son expérience, besoin d’aider les autres
  9. Ex-æquo : croyance en une cause, équipe solidaire, lutter contre la pauvreté, utilité de
    l’action, enrichir son CV, aider les jeunes à trouver leurs voix, aider les
    personnes âgées, être apprécié, apprendre, donner pour un meilleur monde, être
    actif, etc.

Les freins face à l’engagement
Lorsque nous les interrogeons sur les points d’achoppement liés à leur l’engagement, les  interrogés nous font part, par ordre de
récurrence :

  1. D’un manque de temps
  2. De leur nécessité à investir leurs études et de leur inquiétude à ce que leur engagement soit trop chronophage et perturbe leur travail personnel.
  3. Le sentiment de se sentir trop jeune et la difficulté de trouver sa place au sein des structures existantes
  4. Leur ambition et implication dans les activités sportives
  5. Le besoin d’argent, nécessaire à leur autonomie
  6. Ex-æquo :Le manque d’information, la préférence à investir un  job étudiant, la peur de l’inconnu, leur situation familiale (dans ces derniers cas souvent précaire).

 

Actenses s’est fait l’écho de cette enquête dans le cadre de la restitution de l’atelier citoyen « 14 millions de bénévoles, à quoi ça sert ? » le 5 décembre dernier à la Mairie de Paris.
Nous serons présents à la clôture de l’année européenne du bénévolat et du volontariat le 16 décembre à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand. Les parrains intéressés peuvent participer à l’événement en envoyant un mail à guillaume.leterrier@actenses.org .

 

Auteurs : Guillaume Leterrier et Stéphanie Sellam

Cet Article est écrit par :

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