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Le Service Civique : réelle opportunité pour les jeunes ?

Institué par la loi du 10 mars 2010, après un vote dépassant les clivages politiques, le service civique permet  aux  jeunes de 16 à 25 ans de s’engager , pour une durée de 6 à 12 mois, dans des missions d’intérêt général, auprès d’un organisme à but non lucratif ou personne morale de droit public, en France ou à l’international.

Ce dispositif fait suite à la fin du service militaire en 1996. Il remplace les divers dispositifs statutaires de volontariat notamment le service civil volontaire mis en place en 2006 à la suite des émeutes de novembre 2005.  Ces dispositifs mis en place après le service militaire n’ont jamais été obligatoires et  ont toujours été basés sur le  volontariat.

D’après la loi, le service civique s’inscrit dans des missions revêtant un caractère philanthropique, éducatif, environnemental, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial ou culturel, ou concourent à des missions de défense et de sécurité civile ou de prévention, de promotion de la francophonie et de la langue française ou à la prise de conscience de la citoyenneté française et européenne . A ce titre, le Service Volontaire Européen (SVE) est également considéré comme le volet européen du service civique.

L’objectif fixé par l’Etat en 2011 était de financer 15 000 volontaires en service civique…. Or près de 45 000 jeunes ont envoyé leurs demandes pour en effectuer un. En termes de budget, cela représente  97 millions d’euros, soit quasiment 50% du budget du secrétariat d’Etat à a jeunesse. 132millions sont prévus en 2012,  170 millions en 2013 ! L’objectif  est d’atteindre 10% d’une classe d’âge d’ici 2014, soit environ à 75 000 jeunes. Martin Hirsh, à la tête de l’Agence Nationale du Service Civique,  a rappelé les engagements pris par l’Etat envers les jeunes. Actuellement, les fonds manquent encore pour atteindre l’objectif fixé en 2014.

Les jeunes en service civique  sont à 60% des femmes. L’âge moyen est de 21 ans et 5 mois. Pour l’instant, même s’il est ouvert  aux 16/18 ans, ils ne représentent  seulement que 2% des volontaires. 36% ont un niveau bac, 40% sont d’un niveau supérieur et 24% d’un niveau inférieur.  La mission encadrée par un tuteur est indemnisée entre 540 et 640 euros par mois.

Le service civique a fait des émules…Alors que certains  prétendent que les jeunes sont individualistes et ne croient plus à rien,  un an après le début du service civique, 40 000 jeunes se sont inscrits auprès de l’agence:  « On a au moins deux-trois candidats pour une mission » confirme Stephen Cazade, président d’Unis-cité, association qui accompagne des jeunes volontaires dans le cadre de leur  service civique. « Le dispositif correspond à une vraie attente, auprès à la fois de jeunes qui galèrent et veulent se remettre en activité, de jeunes diplômés en quête de sens, et de jeunes en réorientation après une première année de fac ».

 

Un atout professionnel

Bien que le fait de « se rendre utile aux autres » est souvent cité comme très satisfaisant personnellement  par les volontaires eux-mêmes,  le service civique constitue également un atout professionnel.  En effet, à la fin du service civique, l’Etat délivre à la personne volontaire, une attestation et un document qui décrit les activités exercées et évalue les aptitudes, les connaissances et les compétences acquises pendant la durée du service civique.

Le service civique est valorisé dans les cursus des établissements secondaires et des établissements dispensant des formations sanctionnées par un diplôme d’études supérieures . 76% des jeunes inscrits sur le site Internet de l’Agence du service civique estiment ainsi que cette expérience sera avant tout valorisante pour leur parcours professionnel et enrichira dans un premier temps leur curriculum vitae. «Ce genre de parcours interpelle et marque les esprits des employeurs», remarque de son côté Lina, diplômée de HEC, qui a effectué une mission au sein du groupe SOS, association spécialisée dans l’accompagnement des exclus, avant de débuter son premier emploi. «C’est une façon de montrer qu’on sort du lot.»

C’est dans cette optique, que  Jeannette Bougrab, Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et  à la Vie Associative et Jean-Charles Naouri, PDG du groupe Casino, membre du Réseau National des Entreprises pour l’égalité des chances  ont signé le 3 mars 2011 la première « Charte de valorisation du Service Civique » dans les entreprises. En signant cette Charte, le groupe Casino s’engage à valoriser cette expérience  dans ses procédures de recrutement. Le groupe démontre ainsi que les compétences acquises pendant les missions, répondent aux attentes des entreprises. Depuis, d’autres grands groupes ont signé cette Charte comme IBM, le 21 avril.

Le service civique est cependant critiqué. Notamment par les syndicats d’étudiants et certains jeunes actifs qui constatent qu’il ne serait qu’une nouvelle forme d’emploi déguisé accentuant la précarisation du travail. D’après Maxim Hupel, d’Asso, syndicat du secteur associatif: « même à un tarif inférieur au smic horaire, on sait bien que le service civique est utilisé comme une première expérience par beaucoup de jeunes chômeurs qui sont prêts à tout accepter pour percer »

Lili chez Génération Précaire concède quant à elle « en soi, c’est une expérience qui peut être utile et valorisable » puis ajoute que « sans véritable système de contrôle, ce ne sera rien d’autre qu’un nouveau sous-contrat que les jeunes qui galèrent cumuleront avec d’autres postes pour joindre les deux bouts ». Même si la loi est très claire et précise que les volontaires ne doivent en aucun cas se substituer à un employé et ne relèvent pas du droit du travail, dans les faits, les contrôles ne sont pas assez systématiques pour pouvoir le garantir !

 

Pour plus d’informations :

Le site du service civique :  http://www.service-civique.gouv.fr/

Le site d’Unis cité : http://www.uniscite.fr/

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